INSPECTEUR D’IMAGE

le principe ?

Je choisis une image et je l’analyse, la raconte et en ris avec vous dans cette rubrique.

Aujourd’hui, nous allons tenter de comprendre l’impressionnise avec Gustave Caillebotte et son oeuvre “Rue de Paris, temps de pluie” 1877.

image art figuratif, une peinture, des aplats de couleurs, pour symboliser l'oeuvre d'art
Hannah Arendt
cRISE DE LA CULTURE

C’est seulement là où nous sommes confrontés à des choses qui existent indépendamment de toute référence utilitaire et fonctionnelle, […] que nous parlons d’œuvre d’art.

Gustave Caillebotte (1848 – 1894)

Autoportrait, 1892

Qui était Gustave Caillebotte ?

Nous sommes en 1877, sept ans seulement après la fin des travaux du Paris monumental Haussmannien, Gustave Caillebotte crée le tableau qui sera l’objet de nos questionnements du jour, Rue de Paris, temps de pluie.

Gustave Caillebotte a tout pour lui, c’est un homme à la belle barbiche, riche et qui a des potes plutôt cool. Quand on traîne avec les boss de l’impressionnisme et qu’on en est l’un des pionniers, on peut se la péter, même quand on s’appelle Caillebotte !

De multiples facettes

Notre gus a eu une vie bien remplie, peintre, mécène, collectionneur, chargé d’événementiel (oui, il participait à l’organisation des expositions impressionniste et c’est pas rien) ! Notre ami était aussi un passionné de nautisme, les voiliers, il adorait ça ! Il a même été architecte naval et régatier, c’est pour vous dire à quel point les bateaux ça le bottait !
Mais surtout, Caillebotte adorait répéter, en levant le doigt et les yeux vers le ciel, “mmh le vent se durcit, il va falloir carguer les voiles.” et ce même lorsqu’il se trouvait en plein Paris !
Quoi ? Vous ne me croyez pas ? Vous ne me faite pas confiance ? Ok, c’est vrai que je n’ai aucune preuve pour ma dernière phrase mais franchement ça se tient, vous ne trouvez pas ?

Bref, comme vous l’avez compris, Gustave Caillebotte était au taquet ! (s’il y a des fans de bateaux dans la salle cette fine blague était pour vous.) Pour les moins chevroné·e·s, Gustave n’était pas un marin d’eau douce !

Un peintre, un Impressionniste

Monsieur Caillebotte était surtout un peintre (quasiment) aussi talentueux que je suis drôle.
En cette belle année de 1877, Gustave, fier comme un paon, dévoile sa dernière oeuvre, Rue de Paris, temps de pluie.

Auto-Portrait de Gustave Caillebotte
Un petit rebelle, un impressionniste dans l’âme

Si c’est de cette oeuvre dont j’ai décidé de vous parler c’est parce qu’elle symbolise le changement pour Gustave Caillebotte. En effet, en 1875, son oeuvre, Les raboteurs de parquets, se voit refusée d’exposition au Salon. Cette dernière a été jugée trop réaliste.

Et, de mon point de vue, avec Rue de Paris, temps de pluie, Caillebotte dit au monde de l’Art qu’il quitte le modèle Académique et qu’il ne peindra désormais que du réalisme.

Même si picturalement ce tableau ne reprend pas les codes de l’impressionnisme, l’une de ses esquisses en est le parfait reflet. Ce tableau, est l’oeuvre de la transition vers l’impressionnisme pour Caillebotte.

rue de paris temps de pluie esquisse
Rue de paris, temps de pluie esquisse

Comprendre une oeuvre

Nous l’avons vu, Gustave Caillebotte était un impressionniste. Et comprendre ce qu’est l’impressionnisme, c’est connaître le contexte dans lequel il est né, les personnes qui l’ont porté, les messages qu’ils souhaitaient faire passer,… Comprendre une oeuvre, c’est prendre du recul sur cette dernière. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons l’apprécier à sa juste valeur.

Pour comprendre à quel point un contexte historique peut changer un regard sur une oeuvre je t’invite à aller jeter un oeil à notre article sur La Leçon de Ionesco.

Qu’est-ce que l’impressionnisme ?

Pour notre cher Gustave, revenons à l’Impressionnisme. C’est en 1860 que naît l’impressionnisme, ou du moins, ce qui sera qualifié comme tel quelques années plus tard. Une nouvelle peinture portée par de jeunes petits rebelles.

Cette bande de joyeux lurons était, entre autre, portée par Claude Monet, Auguste Renoir, ou encore Paul Cézanne. Une femme était également présente parmis les Impressionnistes, Blanche Hoschédé, seule et unique élève de Monet. Je pense vous faire un article à son sujet très prochainement, un peu de patience… Ces révoltés de la toile se sont détachés de l’Académie française des Beaux Arts, rien que ça…

Pour résumer, Caillebotte et ses compères, le classicisme ça ne les bottait plus du tout. Fort heureusement, nous parlons bien ici de petits rebelles qui avaient un peu d’argent de côté, puisqu’ils ont pu continuer leur Art dans des ateliers privés sans pression. Enfin, nous pouvons imaginer une petite galère de thunes pour Monet, puisqu’il a tout de même incité tout le monde à aller peindre dehors un bon moment… Tout en prétextant vouloir représenter la beauté de la nature… Oui, mon oeil, Monnet. Trêve de boutades, soyons sérieux !

Être les fifous du siècle ce n’est pas toujours facile. Les impressionnistes, s’étant détachés de l’Académie, n’étaient pas exposés dans les Salon et le public n’était pas forcément au rendez-vous.

impressionnisme

Pourquoi ce nom ?

La bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe.

En 1874, ils créent leur propre exposition. Bien évidemment, comme pour tout ce qui attrait à la nouveauté, des personnes y viennent pour se moquer, pour pester, pour jalouser.

Parmi eux, se trouvait Louis Leroyjournaliste. C’était son boulot de trouver le bon mot ! Et il remplit sa mission à la lettre puisqu’il n’est nul autre que celui qui désigna cette nouvelle peinture comme “l’impressionnisme”.

Bien sûr, cela n’avait rien d’un compliment, il souhaitait critiquer le groupe de peintre, et surtout Claude Monet et son tableau “Impression soleil levant”. Il traite le tableau “d’impression”, de brouillon, d’ébauche. C’est donc contre son grès que Louis Leroy donna un nom plutôt sympa à un groupe de peintre qu’il n’appréciait guère.

Les impressionnistes avaient un nom, ils étaient même soutenus par Manet ou encore Zola. Mais surtout, ils faisaient la peinture qui leur plaisait et c’était déjà bien suffisant. 

Toutefois, même s’ils se sont affranchis des règles et de la rigueur de l’Académie cela ne veut pas dire que leur style n’avait pas de codes.

Quelles sont les caractéristiques de la peinture impressionniste ?

Le matÉriel

Les impressionnistes peignent en extérieur, ce qui est très novateur à l’époque. Ils se munissent donc de versions de voyage de leurs matériel de peinture. Un chevalet léger et transportable, des tubes de peintures, une palette et des pinceaux, et pourquoi pas un petit tabouret pour s’installer n’importe où.

les sujets

Ils peignent des paysages, mais aussi la vie moderne, les villes, les symboles de l’industrialisation. La bourgeoisie ainsi que les loisirs sont aussi mis à l’honneur, les bals, les guinguettes, les artistes, les spectateurs, etc.
L’objectif des Impressionnistes est de représenter la fugacité de l’instant.

les techniques

Leurs toiles ne mélangent que peu de couleurs, ils préfèrent les associations des couleurs primaires et de leurs complémentaires. Ils appliquent la couleur par petites touches, de petites virgules de peinture. Et c’est bien la juxtaposition des couleurs qui donne forme et volume, exit trait et contours trop académiques. 

Max Ernst
“L’Art est un jeu d’enfant.”

Pour vous, je mets aussi mes connaissances en éducation artistique et culturelle à profit ! Je vous propose une activité artistique !

Devenez des Impressionnistes en herbe avec vos enfants !

Gustave Caillebotte 1877

Rue de Paris temps de pluie

Rue de Paris, temps de pluis Gustave Caillebotte 1877

Représenter l’instant

Maintenant que l’on sait tout ça, regardons de nouveau la peinture de Gustave Caillebotte.
Cette dernière représente une scène se déroulant dans les rues du Paris Haussmannien. Elle nous montre un moment fugaces, des passants, un regard hors champ, la modernité parisienne, un temps pluvieux…
Malgré la pluie, la scène reste claire, la lumière se reflète sur les pavés mouillés, le ciel se teinte de jaune. 

Le Paris que nous montre Caillebotte est quasiment désert, les passants anonymes se croisent sans se regarder. Des rues aux allures monumentales, un Paris Haussmannien réaliste, tel qu’il le voit, voilà ce que nous admirons. De plus, si l’on se replace dans le contexte, nous ne pouvons qu’imaginer à quel point cela a dû être incroyable de voir sa ville, Paris, se métamorphoser sous ses yeux. Dans ses œuvres on ne peut que sentir l’émerveillement du peintre pour ce nouveau Paris Haussmannien. 
Je vous invite à aller jeter un œil à l’ensemble de son œuvre et si vous êtes parisien·ne, vous avez la chance de pouvoir aller admirer son tableau “Les raboteurs de parquet” au Musée d’Orsay.

Et même si cette œuvre n’est pas encore le reflet des techniques de peintures impressionnistes, les suivantes le seront, comme les tableaux “Peintres en bâtiment” (1877), “Boulevard des Italiens” (1880) ou encore “Le bassin d’Argenteuil” (1882).
Néanmoins, ce tableau est dans la mouvance de l’impressionnisme, dans ce que le mouvement veut représenter, le réalisme, la modernité, la représentation de l’instant.

Mais, que regarde donc
Janine et Maurice ?

Le grand jeu !

Pour finir en beauté, jouons un peu !

Tout à l’heure, nous avons noté le regard des deux protagonistes au premier plan. Protagonistes que nous appellerons Janine et Maurice.

Leurs yeux semblent attirés par quelque chose qui se trouve hors du cadre, mais que cela peut-il bien être ?

 

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Sara
La rédac Me & Eye

Merci d’avoir lu cet article jusqu’au bout. J’espère qu’il vous a plu.

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Auto-Portrait de Gustave Caillebotte
image ambiance peinture gouache et pinceaux
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